Courir pour voir la vie

Eric Navarre- Publié le 15 septembre 2018

Les milliers de concurrents qui participent au 10 km, 20 km et marathon de Tours ont tous leur histoire par rapport à la course à pied. On court pour « faire un chrono », pour perdre du poids ou être en bonne santé, pour partager un moment de camaraderie et bien d’autres raisons diverses. Mais certaines forcent plus que d’autres le respect et l’admiration. C’est le cas d’Isabelle Marchand, malvoyante, qui sera cette année au départ des 20 km après avoir déjà participé au 10 km et même au marathon lors de sa 1ère édition en 2014. Une maladie génétique la touche depuis l’âge de 18 ans l’empêchant de voir normalement : « je vois très flou, comme à travers un calque et je ne perçois pas les contrastes.» Un handicap qui n’empêche pas Isabelle, âgée de 39 ans, de courir avec l’aide d’un guide depuis qu’elle a repris son sport en 2006/2007. Car la course à pied a toujours fait partie de la vie d’Isabelle : « j’ai couru toute mon enfance, c’était familial mais avec le handicap ce fut ensuite plus compliqué. »

Sauf qu’Isabelle Marchand est une battante et qu’elle a décidé de relever ce défi que la vie lui imposait. Notamment en allant au bout de ses études de kinésithérapie, un métier qu’elle exerce maintenant depuis 17ans et en reprenant la course à pied avec à ce jour 5 marathons à son actif « courus aux alentours des 4h30 lorsque ça va bien ».

Plus qu’un simple lien avec les guides

« Aujourd’hui je cours 3 fois par semaine voire plus lorsque je prépare un objectif, toujours accompagnée d’un guide placé à ma droite. Nous avons un lien de 30 cm ». Des guides connus au hasard des rencontres sur ses lieux d’entrainement ou sur les courses locales auxquelles elle participe. « Je veux les remercier et c’est un échange très riche. Par exemple, j’ai deux copines qui court pour moi et grâce à moi et ça fait du bien d’être une source de motivation pour elles ». Dimanche prochain, elle sera sur la ligne de départ du 20 km accompagnée de Virginie avec l’objectif de réaliser 1h50/55. Alors n’hésitez pas à les encourager !

Interview de Jérémy Legout, vainqueur du semi-marathon

Isabelle Marchand (à droite) avec Virginie, sa guide.